La Commission européenne à la concurrence a infligé une amende record au géant Google pour concurrence déloyale concernant son comparateur de prix. La marque va devoir payer 2,42 milliards d’euros, une sanction qui pourrait avoir des conséquences sur ses activités.

Une amende justifiée

Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence pour l’Union Européenne, a choisi de frapper fort. En condamnant Google à payer une amende de plus de 2 milliards d’euros, elle clôt un dossier qui a duré 7 ans, dont deux ans d’enquête. Google Shopping se voit donc sanctionné pour avoir privilégié ses services par rapport aux autres comparateurs de prix dans 13 pays, dont la France, et ce depuis 2010.

Dans son exposé, la commissaire explique : « Google a apporté beaucoup d’innovations dans nos vies, c’est une bonne chose. Mais sa stratégie dans le Shopping, ce n’était pas juste attirer des utilisateurs et rendre le produit meilleur, mais de promouvoir son propre service et reléguer ceux des autres. C’est illégal au regard des règles européennes antitrust ».

Quelles conséquences ?

Google va devoir « respecter l’égalité de traitement entre les services concurrents de comparaison de prix et son propre service. […] Le SEO n’a que peu d’impact dans la partie shopping, ces choix sont réduits à une portion incongrue ; Google va donc devoir changer la présentation de ses résultats » a précisé Olivier Sichel, président de la fondation Digital New Deal, et ex-PDG de LeGuide.com.

Le groupe a 90 jours pour se mettre aux normes. En cas de refus, il devra payer des astreintes journalières correspondant à 12 millions d’euros par jour environ, soit 5 % du chiffre d’affaires quotidien de la maison mère Alphabet. Google a déjà fait entendre qu’elle est en désaccord avec cette décision : « Nous allons examiner la décision de la Commission dans le détail et étudier l’éventualité d’un appel en justice ».

D’après Olivier Sichel, les entreprises victimes de cette concurrence déloyale devraient pouvoir demander réparation à Google, il faut donc s’attendre à une multiplication des procédures. De même, cette décision « rouvre la possibilité d’investir dans des moteurs de recherche verticaux ».

En France, des start-ups vont pouvoir s’attaquer à nouveau à ce marché, mais ailleurs dans le monde, des conséquences sont aussi attendues. Ainsi, Antoine Gosset-Grainville, avocat spécialisé dans la concurrence chez BDGS Associés affirme : « Il ne faut pas sous-estimer la portée de cette décision vis-à-vis des autres autorités de la concurrence dans le monde, elles pourraient s’inspirer de l’Europe, se décider à bouger. Tout cela va créer un environnement plus hostile pour Google ».

Aux États-Unis, une enquête similaire avait été ouverte, mais elle a été classée sans suite. Suite à cette sanction, des entreprises américaines pourraient également vouloir relancer une procédure.