Si vous avez étudié la communication et le marketing ou si vous êtes déjà sur place et que vous souhaitez vous rediriger vers un autre emploi, vous êtes au bon endroit. Salaires, métiers, perspectives de carrière, missions et formation, nous vous disons tout !
Travailler dans la communication ou le marketing n’est pas une vocation précoce. Rares sont les enfants qui rêvent d’occuper ces fonctions. Pourtant, ce secteur regorge d’opportunités et attire souvent plus tard, à l’université ou au détour d’un parcours professionnel en quête de sens. Bernard Motulsky, professeur à l’UQAM et figure de référence dans le milieu, l’assure : « Ce n’est vraiment pas un métier qu’on choisit à 8 ans. On y arrive beaucoup plus tard. »
Beaucoup confirment ce virage à l’université, parfois par hasard, parfois après avoir envisagé d’autres horizons. Mais mieux vaut s’informer tôt. Quelles professions se dessinent réellement en communication et marketing ? Quels chemins s’offrent à ceux qui s’y aventurent ? Voici un tour d’horizon concret.
Bernard Motulsky, professeur de communication, titulaire de la Chaire en relations publiques et communication marketing à l’UQAM.
La trajectoire type en communication et marketing
Le secteur se partage en deux mondes : l’agence et l’entreprise. Selon Bernard Motulsky, rares sont ceux qui n’explorent pas les deux au fil de leur carrière. Souvent, tout commence en agence ou chez l’annonceur, avant de basculer de l’un à l’autre au gré des opportunités. Travailler en agence permet de toucher à plusieurs secteurs et, parfois, d’intégrer ensuite le côté client.
Premiers pas : l’expérience en agence
Démarrer en agence, c’est mettre les mains dans le cambouis. On enchaîne les mandats, on apprend la polyvalence, on croise chaque jour des secteurs différents : ministère le matin, organisation sportive à midi, banque l’après-midi, entreprise culturelle le soir. Les journées ne se ressemblent jamais. Ce rythme soutenu séduit les profils en quête de diversité.
Source : Étude économique sur l’industrie de la communication marketing au Québec, Raymond Chabot Grant Thornton (2015).
Tiago Silva, recruteur chez Sid Lee, le résume bien : « L’agence offre la possibilité de travailler sur des marques locales, régionales et internationales. » On participe à toutes les étapes, de la stratégie à la création en passant par le conseil. Sid Lee, par exemple, mise sur une approche intégrée où le numérique prend de plus en plus de place.
Bureaux de l’agence Sid Lee. Source : Sid Lee
Mais tout n’est pas idyllique. L’agence, c’est aussi la pression permanente, souvent financière. Objectif chiffre, conditions parfois instables, horaires serrés : le revers de la médaille existe.
Milieu de carrière : intégrer une entreprise
Une fois l’expérience acquise, nombreux sont ceux qui rejoignent une entreprise, parfois pour retrouver un rythme plus stable. La majorité des sociétés disposent aujourd’hui d’un service communication ou marketing, qu’il s’agisse d’une équipe complète ou d’un poste unique.
Le quotidien y est souvent moins stressant qu’en agence. Après une vingtaine d’années trépidantes, beaucoup aspirent à une nouvelle dynamique : « Il faut alors valoriser ses compétences et réinventer son rôle dans l’organisation », souligne Bernard Motulsky.
Trois compétences se détachent, selon un sondage national mené par la Chaire UQAM sur les pratiques de communication au Canada :
- Relations avec la presse (93 %)
- Gestion des sites web et des médias sociaux (91 %)
- Communication interne (90 %)
Dans l’entreprise, les conditions sont souvent encadrées par des conventions, mais la stabilité rime parfois avec routine. À chacun de trouver l’équilibre qui lui convient.
Dernière étape : la transition de fin de carrière
La phase finale s’articule autour de trois options : le conseil, la gestion ou l’enseignement.
- Consultant : Devenir consultant séduit de nombreux professionnels aguerris. Forts de leur expertise, ils accompagnent des clients sur des projets ciblés. L’autonomie et la rémunération peuvent être attractives : au Québec, un consultant TIC gagne en moyenne 107 $/h, avec un revenu annuel moyen de 142 300 $ selon technoCompétences. À titre de comparaison, un salarié du même secteur approche les 66 900 $ annuels.
- Gestion : Certains choisissent de gravir les échelons en interne. Après quelques années, le passage d’analyste à stratège, puis gestionnaire, devient une réalité. Tiago Silva de Sid Lee en témoigne : « On commence analyste, puis stratège junior, puis senior, et on finit gestionnaire de la stratégie. »
- Enseignement : D’autres transmettent le flambeau à la génération suivante, au cégep ou à l’université. Bernard Motulsky en rit : « On finit parfois prof d’université ! Redonner à la relève, ce n’est pas la pire des sorties. »
Études supérieures : accès sélectif, débouchés multiples
Pour s’orienter vers la communication ou le marketing, il faut viser haut : un baccalauréat s’impose, et la sélection est rude. À l’UQAM, l’un des programmes les plus réputés, la concurrence est féroce. « C’est un quota, il y a énormément de demandes », rappelle Bernard Motulsky. Les étudiants admis affichent souvent une cote R élevée, et la majorité sont des femmes.
Un diplôme universitaire, oui, mais pas seulement. En 2014, à peine un quart des employés en agence de publicité au Québec détenaient un DEC comme plus haut diplôme, contre près de 59 % pour le baccalauréat (source : Raymond Chabot Grant Thornton).
Taux de placement après un baccalauréat en communication marketing
Regardons quelques chiffres issus des enquêtes du Service de planification académique et de recherche institutionnelle (SPARI) de l’UQAM (2009-2013) :
- 69 % des diplômés en communication marketing sont en emploi, 22 % poursuivent leurs études.
- Parmi les actifs, 91 % décrochent un temps plein et 94 % un poste permanent.
- 64 % occupent un poste de professionnel, 12 % accèdent à un poste de gestion.
- 41 % travaillent dans les communications, relations publiques, édition ou multimédia ; 33 % dans le commerce, la distribution ou les services.
Les perspectives évoluent aussi selon les nouveaux usages numériques, l’essor des réseaux sociaux, des jeux en ligne ou des plateformes mobiles. Le professeur Motulsky l’assure : le marché de l’emploi reste dynamique ; le véritable défi, c’est la construction d’une trajectoire sur le long terme. « Il faut élargir ses interventions, et parfois se former à nouveau après 10, 15 ou 20 ans. »
Où travaillent les professionnels en communication marketing ?
La répartition sectorielle se structure autour de cinq pôles majeurs, selon l’Enquête nationale auprès des ménages réalisée par Emploi-Avenir Québec :
- Services professionnels, scientifiques et techniques (28 %)
- Commerce (16 %)
- Administration publique (12 %)
- Industrie manufacturière (10 %)
- Finance et assurances (7 %)
En pratique, les débouchés se retrouvent dans :
- Administration publique
- Agences de publicité, agences web
- Entreprises : PME, grandes entreprises, structures socio-économiques
- Communication médiatique, relations publiques, gestion de crise
- Municipalités
- Organisations à but non lucratif, syndicats, associations
- Institutions publiques
L’expérience : le vrai moteur de la carrière
Pas de diplôme en communication marketing ? Rien n’est joué. Moins de la moitié des professionnels du secteur (47 %) détiennent un diplôme spécifique, selon la Chaire des relations publiques et des communications marketing de l’UQAM. Raphaëlle Huysmans, vice-présidente exécutive chez Urbania, le confirme : « Ce qui compte vraiment, c’est l’expérience et les centres d’intérêt. »
En entretien, elle va droit au but : « Que consommez-vous comme média ? Comment en parlez-vous ? » La passion transparaît ou non, et c’est elle qui fait la différence. Tiago Silva souligne que les profils stratégiques viennent souvent d’horizons variés : anthropologie, finance, communication, business intelligence… Peu importe le parcours, c’est la lumière dans les yeux qui compte.
Raphaëlle Huysmans, vice-présidente exécutive chez Urbania.
Métiers de la communication et du marketing : quatre grands champs d’action
Ce secteur se divise en quatre grands domaines. Pour chaque champ, voici des exemples concrets de métiers :
- Service à la clientèle
- Recherche
- Création de contenu
- Diffusion
Tour d’horizon non exhaustif de quelques professions emblématiques.
Service à la clientèle
Ces professionnels sont au contact direct des clients, qu’ils soient en agence ou en entreprise. Bernard Motulsky le souligne : « Il faut toujours quelqu’un pour établir le lien. » Voici quelques exemples :
- Gestionnaire marketing (aussi appelé directeur marketing ou agent de promotion) : il pilote la stratégie et les campagnes. Diplôme en communication, affaires ou marketing fortement apprécié, parfois DEC accepté. La rémunération s’étale de 17 $/h à 57,69 $/h, avec une moyenne de 37,50 $ (source : Emploi Québec).
- Spécialiste en communication : référent sur toutes les questions de communication interne et externe, il participe à l’élaboration des stratégies. Un baccalauréat en relations publiques, communication ou journalisme est généralement requis. Salaire moyen autour de 28,57 $/h, pouvant atteindre 46,15 $/h à Montréal.
- Spécialiste marketing : il développe et met en œuvre les campagnes de marketing. BAC en marketing ou administration souvent exigé. Les salaires varient entre 18 $ et 48,08 $/h, avec une moyenne de 31,85 $/h (source : Statistique Canada).
Recherche
Dans ce champ, l’objectif est de comprendre le public cible et d’orienter la stratégie grâce à l’analyse des données. Quelques métiers phares :
- Agent de recherche en marketing : il orchestre les études et conseille sur la stratégie commerciale. BAC en affaires, commerce, administration des affaires ou publique conseillé. Salaire entre 18,75 $ et 49,68 $/h, moyenne à 31,85 $.
- Analyste marketing : il ausculte les marchés, les tendances, mesure le retour sur investissement. BAC en marketing, administration ou communication demandé. Rémunération similaire à l’agent de recherche.
- Consultant en études de marché : il fournit des données clés pour guider la stratégie. BAC en affaires ou équivalent souhaité. En moyenne, 37 500 $ par an au Canada, avec progression selon l’expérience (source : Neuvoo).
Création de contenu
Le terrain des créatifs : rédaction, visuel, photographie, design. Ceux qui conçoivent et produisent le contenu :
- Éditeur web : il rédige pour le web, des publicités aux articles en passant par les fiches produits. Diplôme en communication, journalisme ou littérature recommandé, DEC possible. Salaire de 15 $ à 37,69 $/h, moyenne à 27,69 $.
- Stratège de contenu : il assure la visibilité sur les moteurs de recherche, conçoit et pilote les campagnes de contenu. BAC en administration, communication ou marketing conseillé. Rémunération entre 15,50 $ et 40 $/h, moyenne à 21,63 $.
- Traducteur : il transpose les textes d’une langue à l’autre, idéalement vers sa langue maternelle. BAC spécialisé, éventuellement complété par un master court. Salaire entre 18 $ et 51,79 $/h, moyenne à 31,50 $.
Diffusion
Ceux qui orchestrent la distribution des messages et développent la notoriété de l’entreprise :
- Acheteur d’espace publicitaire : il gère l’achat et la négociation des espaces dans les médias. Formation en gestion, commerce ou affaires privilégiée. Salaire de 17 $ à 37,36 $/h, moyenne à 26,44 $.
- Agent d’information : il relaie les activités de l’entreprise auprès des médias et du public. BAC ou DEC en communication, journalisme ou relations publiques. Salaire horaire moyen de 28,57 $, pouvant monter à 46,15 $.
- Responsable des relations publiques : il s’occupe de l’image externe, organise événements et partenariats, rédige les communiqués. BAC ou DEC en marketing, relations publiques, communication ou journalisme. Rémunération de 17 $ à 43,08 $/h, moyenne à 28 $.
- Gestionnaire de communauté : pilier du web social, il anime et fédère la communauté de l’entreprise sur les réseaux et sert de point de contact avec les clients. BAC en communication, relations publiques ou journalisme de mise. Salaire de 17 $ à 43,08 $/h, moyenne à 28 $.
Au fil des années, la communication et le marketing ont multiplié les passerelles entre expertises, secteurs et métiers. Une chose demeure : la passion, la curiosité et la capacité à se réinventer sont les véritables moteurs d’une carrière qui ne cesse d’évoluer. Demain, la frontière entre agence et entreprise, entre création et analyse, sera peut-être encore plus poreuse. À chacun de tracer sa voie, entre stratégie et créativité, chiffres et récits.







